DVD à la vente :
SUR LE FIL DE L'AMITIÉ
Un film riche d’un regard plein d’humanité sur « le monde
d’en haut ».
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LE MÉRIDIEN DES ECRINS
Huit faces nord austères, certaines aussi imposantes que les Grandes Jorasses, alignées naturellement dans un axe nord-sud...
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LES DRUS AMANTS DRUS
L'alpinisme moderne vue à travers l'histoire de la Face Ouest des Drus...
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EXTRA DRY
Dix jours d'enchaînement au coeur du massif du Mont-Blanc.
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Ascension de la voie Gousseault/Desmaison
Reprise du départ de 1971 et variante directe (1100 5c/A1/85° ou M7+) en face Nord des Grandes Jorasses, Massif du Mont-Blanc, France.
28 au 31 octobre 2011
Cela faisait plusieurs mois qu'avec l'ami Rémi Duhoux nous évoquions dans les détails l'ascension de cette voie historique, et plusieurs années que nous rêvions chacun de la gravir.
Cette ligne mythique au tracé évocateur, nous voulions la tenter cet automne. Après quelques anticyclones ratés et avec nos contraintes d'emploi du temps, je commençais à douter de notre réussite ; et puis là où il y a une volonté...
Première nuit au pied de la face mythique :
Nous choisissons de camper au pied de la voie pour gagner du temps et de venir récupérer le matériel lourd d'ici quelques jours. Je nourris l'espoir de faire l'ascension cet itinéraire mythique à la journée, je sais que c'est possible et que cela sera réalisé un jour, Rémi lui n'est pas convaincu…
Yann Borgnet et Michel Coranotte sont avec nous sur le glacier, eux choisissent l'option cabane et dorment au refuge de Leschaux.
Premier jour : erreurs de lecture…
Réveil à trois heures, je trace dans la neige fraiche jusqu'à la rimaye du Linceul. Premier verrous de lame et premiers bouchons de neige à faire sauter. Les 15 centimètres de neige poudreuse nous accompagneront jusqu'en haut, freinant sensiblement notre progression.
Il fait nuit noire lors de l'ascension des premières longueurs, nous hésitons quant à la bifurcation pour sortir du Linceul. Malgré notre préparation documentaire et notre étude du topo, la nuit prend le dessus, et nous bifurquons trop tôt. Dès la seconde longueur de mixte je me retrouve dans une fissure raide et athlétique. Bien décidé à grimper en libre, je dépense une énergie folle dans cette longueur de plus de 50m, la difficulté dépasse le M7, M8 peut être. Rémi arrive en nage, furieux de notre erreur. Nous observons jaloux, nos amis remonter le Linceul à côté de nous pour rejoindre la cheminée caractéristique du départ de 1973 (celui de Desmaison, Claret et Bertone). Il nous reste plus de 40 longueurs au-dessus de la tête et pourtant je sens que cette variante (dont nous ne connaissons aucune répétition) nous a déjà bien entamé les bras et le moral.
Peu après, nous rejoignons la première rampe, ces nouvelles longueurs dures en M7 (environ), nous ont demandé un maximum d'effort et la possibilité d'une retraite nous a tous les deux traversée et polluée l'esprit.
Mais nous sommes plus que jamais motivés, nous repartons et avançons dans des longueurs plus humaines, plus traditionnelles. Nos amis sont juste derrière nous et c'est maintenant le risque de chute pierre qui nous inquiète le plus. Les relais s'enchainent et ne se ressemblent pas, la voie est juste… Exceptionnelle.
Jamais deux sans trois, à 80 m du 26ème relais et de sa confortable épaule de neige, nous décidons de redescendre plus bas pour bivouaquer, nous redoutons une nouvelle erreur d'itinéraire de nuit. Notre bivouac n'est vraiment pas confortable et nous sommes exposés à un petit vent du nord, sommeil fragile voir inexistant.
Deuxième jour : efficacité et sommet !
Attentif au topo plus que de raison, nous ne commettons plus d'erreur, mais restons attentif à la moindre chute pierre sur la cordée suivante.
L'itinéraire employé par Desmaison est simplement génial, repérage minutieux, peut-être à l'aide de l'hélicoptère, qu'importe, il en ressort un pur bijou d'escalade mixte.
À 80m du sommet les vestiges du réchaud de la cordée Gousseault/Desmaison nous rappellent que cette voie ne ressemble à aucune autre, au propre comme au figuré.
À 17h, nous sommes au sommet des Grandes Jorasses. Le vent de Foehn dessine avec les nuages et le coucher du soleil des décors que seule la haute-montagne peut offrir et c'est dans une pure contemplation que nous profitons du panorama.
Je me rends compte que cette nouvelle session d'escalade mixte représente ma 10ème ascension dans cette face nord des Grandes-Jorasses ! Les voies s'enchaînent mais le plaisir demeure et la bascule du nord au sud au sommet continue de m'émerveiller.
Quelques jours plus tard et après la dramatique tempête qui balaya toute la montagne peu après notre passage, ce n'est qu'une ruine de tissu en guise de tente que je récupèrerai au pied de la face. Notre édifice de fortune ensevelit comme pour nous rappeler le côté fugace des fenêtres propices à de telles aventures…



